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Journée d’étude sur le secteur de la culture à l’APW
L’impérative nécessité de protéger la richesse culturelle.
L’Assemblée populaire de wilaya (APW) de Tizi Ouzou a consacré, jeudi 4 novembre, une journée d’étude au secteur de la culture. A l’ouverture des travaux présidés par M. Saâdi Hadibi, vice-président à l’APW et intérim du P/APW, le wali de Tizi Ouzou, M. Abdelkader Bouazghi, a tenu à saluer l’initiative de l’Assemblée qu’il a qualifiée de «prise de conscience»de ce trésor qu’est le patrimoine culturel matériel et immatériel que recèle la wilaya de Tizi Ouzou, d’où l’importance, à ses yeux, de sa préservation et de sa valorisation dans un but touristique qui, selon lui, ne tardera pas à se traduire par une plus-value économique. Dans sa prise de parole, M. Mohamed Daïd, président de la commission jeunesse, sports et culture de l’APW, est revenu sur le constat établi par sa commission lors de la session du 20 octobre dernier où il a noté que ce secteur est le maillon faible dans la wilaya, vu le manque accru en infrastructures culturelles notamment dans les villages.
La rencontre, à laquelle ont participé les maires et des représentants du mouvement associatif, a été ponctuée par deux communications sur la problématique de la protection des sites archéologiques dans la région. La première conférence a traité de la protection et de la valorisation du patrimoine culturel, animée par M. El Hachemi Aït Aïssi, directeur de la conservation et des inventaires à l’Office national de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés. Dans sa conférence, M. Aït Aïssi a déclaré que l’Office national de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés ne lésine pas sur l’effort afin de valoriser le patrimoine archéologique de la wilaya tels que les vestiges historiques d’Ifigha, les pressoirs à huile traditionnels qu’on trouve dans tous les villages kabyles et le refuge du général berbère Firmus dans le village d’Aït Yahia, le site du dinosaure à Azazga, pour ne citer que ceux-là, qui, une fois exploités, seraient de renommée mondiale.
L’orateur reconnaît, néanmoins, la difficulté à établir un inventaire du patrimoine culturel immatériel, poésie, chants, dictons et adages, etc., qui se trouve menacé de disparition, d’où la nécessité de mettre tous les moyens pour sa préservation de l’oubli. M. Ait Aïssat a suggéré, par ailleurs, aux APC de recruter des archéologues, qui pourraient intervenir lors des travaux de terrassement, d’ouverture de pistes, etc.
Pour sa part, Mme Selma Amrani, cadre au ministère de la Culture, a présenté le système d’informations géographiques (SIG) pour la gestion et la protection du patrimoine archéologique de la wilaya de Tizi Ouzou. L’intervenante a expliqué à l’assistance les objectifs de ce système qui, une fois finalisé, constituera, selon elle, une vraie base de données en termes de localisation des différents sites archéologiques à travers le territoire de la wilaya avec des couches d’informations (cartes) actualisables, permettant la gestion, la protection et l’exploitation de ces sites.
Le directeur de la culture M. Ould Ali a mis l’accent, dans son exposé, sur les projets inscrits à l’actif du secteur, ses aspirations ainsi que la nécessité de la prise en charge du patrimoine matériel, le classement des sites et leur restauration qui nécessiteraient, selon lui, un intérêt particulier.
Dans son intervention, le directeur du tourisme M. Medjber, a insisté sur l’importance du riche patrimoine culturel que recèle la wilaya de Tizi Ouzou dans le tourisme culturel qu’on peut trouver sous diverses formes la découverte d'une nouvelle culture et d'un nouveau pays, la visite du patrimoine, ainsi que les voyages motivés par des manifestations culturelles. Des formes présentes chez nous et qui n’attendent que d’être exploitées dans un but économique.
M. Mohand-Akli Aoudj, membre de la commission jeunesse, sports et culture, a fait part aux présents des recommandations faites lors de la dernière rencontre des élus avec le directeur de la culture, dont l’arrêt d’un calendrier fixe des fêtes organisées dans les différentes régions de la wilaya, la définition du rôle que doit jouer tout un chacun pour l’application de la loi 98/04 qui a pour objectif la protection du patrimoine culturel de la nation, d'édicter les règles générales de sa protection, sa sauvegarde et sa mise en valeur, et de fixer les conditions de leur mise en œuvre.
Ce à quoi le directeur de la culture a rappelé sa disponibilité à recevoir, étudier et prendre en charge toutes les délibérations de l’APW.
Un débat fructueux s’en est suivi où chacun des intervenants, élu APW ou local, artiste ou simple acteur associatif, a voulu apporter sa pierre à l’édifice culturel de la wilaya.
Intervenant à la fin des travaux, M. Bouazghi a relevé la complexité de ce secteur qui devrait, selon lui, être pris par volet. «les potentialités existent, donc, il nous incombe à nous d’encadrer et de rentabiliser ce patrimoine», a-t-il déclaré, avant de poursuivre«Il faudra profiter de cette aubaine financière dont bénéficie ce secteur ces dernières années qui s’est vu atteindre la barre des 200 millions de dinars en 2009 alors que son budget ne dépassait pas les 40 millions en 2004.»
Clôturant les débats, le P/APW dira «qu’en interpellant cette direction, l’APW interpelle les pouvoirs publics» et que «c’est en débattant dans la divergence qu’on trouvera la convergence.» Et pour garantir l’égalité dans le développement de toutes les régions de cette wilaya connue pour la particularité de son territoire à 80 % montagneux et les 1 500 villages qui y sont perchés, le P/APW par intérim réclame « la décentralisation pour donner leur part de développement à toutes les régions.»
Nadjet Bendaoud