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Une journée d’étude a été organisée le 28 octobre dernier au siège de la wilaya de Tizi Ouzou
Pour un développement optimal des zones de montagnes et du massif du Djurdjura
Dans le cadre du programme lancé par le gouvernement et qui a pour objectif la délimitation et le classement des zones de montagnes et des massifs montagneux, le massif du Djurdjura a fait l’objet d’une étude technique réalisée et présentée par le Bureau d’Etudes CENEAP au siège de la wilaya de Tizi Ouzou, le 28/10/2009, dont la finalité est de fournir une analyse approfondie du massif montagneux qui servira de base de données pour toute action de développement durable dans la région.
Cet Atelier technique relatif à l’examen et à la validation des zones de montagnes et du amassif montagneux du Djurdjura qui concerne quatre wilayas du centre (Tizi Ouzou, Bejaïa, Bouira et Boumerdès), s’est tenu en présence des représentants du ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et du Tourisme, du Président de l’APW de Tizi Ouzou, du secrétaire général de la wilaya de Tizi Ouzou ainsi que celui de la wilaya de Boumerdès, des représentants du Bureau d’Etudes CENEAP, des P/APC et des chefs de daira des wilayas concernées, des directeurs de wilaya, et beaucoup d’autres invités dont des parlementaires et des enseignants universitaires.
L’ouverture de cet atelier s’est faite par Monsieur le secrétaire général de la wilaya de Tizi Ouzou qui, après avoir présenté le thème de cette journée d’étude, donna la parole à Monsieur Bensebbane, représentant du Ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et du Tourisme, qui a expliqué les objectifs de cette rencontre thématique qui consiste à délimiter et à identifier les caractérisations des zones de montagnes et du massif montagneux du Djurdjura, et ce, explique-t-il, en se référant à la loi n°03 et 04 du 23 juin 2004, relative à la protection des zones de montagnes dans le cadre du développement durable et au décret exécutif n°05-469 du 10 décembre 2005 fixant les études et les consultations préalables ainsi que les procédures relatives à ce genre d’opérations.
Dans son intervention, le président de l’APW de Tizi Ouzou, Monsieur Mohamed Ikarbane, a déclaré que depuis son installation, l’APW de Tizi Ouzou n’a pas cessé de demander un statut spécifique à la région située en zone de montagnes à l’instar des Hauts plateaux et des wilayas du sud du pays afin de bénéficier d’un Fonds pour le développement des zones de montagnes. Il a aussi rappelé, à l’assistance, que la wilaya de Tizi Ouzou a été choisie pour bénéficier du programme pilote de partenariat avec le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) pour la mise en place d’une nouvelle approche territoriale de développement pour son massif montagneux au même titre que la région de Bouguezoul (Médéa) pour son territoire désertique. Sur ce, M. Ikarbane n’a pas manqué d’évoquer sa participation à une rencontre internationale qui s’est tenue à Brest, en France, les 21 et 22 octobre dernier, consacrée aux problèmes des changements climatiques, en prévision du sommet mondial qui se tiendra décembre prochain à Copenhague, au Danemark.
La parole fut, ensuite, donnée aux représentants du Bureau d’Etudes CENEAP qui ont présenté un exposé détaillé de l’étude avec une projection sur support data-show.
Dans cette étude, il a été procédé à la délimitation du massif du Djurdjura et au classement des zones de montagnes selon les dispositions réglementaires conformément aux articles 03 et 04 de la loi 04-03 du 23 juin 2004, relative à la protection des zones de montagnes dans le cadre du développement durable qui fixe les paramètres sur lesquels devrait se baser le classement à savoir l’altitude et la densité de l’occupation humaine.
Concernant l’altitude, l’étude relève quatre catégoriesà savoir des zones de haute montagne, de moyenne montagne, de piémont et des zones contiguës.
Pour ce qui est de la densitéoccupations humaines, elles sont qualifiées de zones à très forte densité, à forte densité, à moyenne densité, à faible densité et à très faible densité.
Selon l’étude présentée, le massif du Djurdjura est délimité au nord par la Méditerranée, au sud par l’Oued Sahel (Bouira), à l’est par la vallée de la Soummam (Bejaïa) et au sud par l’Oued Isser (Boumerdès). Le massif montagneux du Djurdjura, tel que présenté dans l’étude, englobe 111 communes, dont 67 à Tizi Ouzou soit 53,70%, 22 à Bejaïa, 13 à Boumerdès et 09 à Bouira.
Le nombre des communes se situant dans les zones de piémont est de 31, il est de 62 dans les zones de montagnes étage inférieur, 15 dans les zones de montagnes étage supérieur et 03 seulement dans la haute montagne.
Ce classement définira ainsi la part de développement dont bénéficierait chaque région, selon ses critères physiques et humains.
Après sa présentation, s’en est un suivi un riche débat où les intervenants ont soulevé leurs préoccupations sur la question.
Beaucoup d’intervenants ont soulevé, chacun sous son angle d’approche, les problèmes liés à l’environnement et aux dangers auxquels est exposée la diversité biologique à cause de toute sorte de pollution, des feux de forêts, et des changements climatiques. Dans une des interventions, il a été soulevé la problématique des arbres fruitiers de la région tels que le figuier, dont la production a considérablement baissé ces dernières années et l’olivier qui connaît le problème de la défloraison. Il a aussi été demandé la révision des montants des enveloppes budgétaires destinées à la réalisation d’infrastructures dans les régions montagneuses qui sont, en général, plus couteuses que celles réalisés dans les plaines.
C’est ainsi que M. Aoudj, Président de la Commission d’Aménagement du territoire, du Développement local et du Tourisme au sein de l’APW de Tizi Ouzou et Président de l’Observatoire pour le Développement Economique et Social (ODES), s’est dit «éconforté par le diagnostic fait par le BET surtout en ce qui concerne le manque accru que connaît la région en matière d’infrastructures notamment dans le secteur de la santé, de la culture et des sports». Il a ajouté qu’il ne pourrait y avoir de développement sans la réalisation d’un réseau routier de qualité qui sera doté non seulement de routes de désenclavement mais aussi des routes inter-villages ainsi que le besoin imminent de renforcer le secteur du transport par voie ferrée et télécabine comme cela se fait ailleurs.
Il a aussi déclaré, que le dualisme entre milieu urbain et rural n’existe pas en Kabylie et qu’il vaudrait mieux parler du dualisme espace villageois-villes qui, peu ressenti jusque là, ne manquera pas de prendre de l’ampleur à cause de la dégradation des conditions de vie dans les villages.
Quant aux ressources de la région, M. Aoudj, estime que si la wilaya a survécu c’est grâce à aux revenus de l’émigration qui ont pu assurer, depuis un siècle, la reproduction sociale de la communauté villageoise. Il a enchainé, qu’il était temps d’exploiter les ressources locales surtout le secteur de l’artisanat, qui, réhabilité, sera d’un grand profit pour le développement de la région.
Pour sa part, Monsieur Djouzi Meziane, en sa qualité de président de la Commission Agriculture, Pêche, Hydraulique, Environnement et Artisanat au sein de l’APW de Tizi Ouzou a fait appel aux autorités pour octroyer la part de développement aux habitants des zones de montagnes du Djurdjura et la réalisation urgente et impérative d’infrastructures comme les CET, décharges publiques contrôlées ainsi que le développement de la récupération et du recyclage des déchets.
A la fin de cet atelier, le représentant du Ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement et du Tourisme, Monsieur Bensebbane a exhorté le CENEAP à prendre en considération les différentes interventions pour compléter l’étude. Selon lui, une commission interministérielle suit de près ce dossier afin d’aboutir à une étude consistante qui servira de base à toute action de développement visant les massifs montagneux.
Il est à noter que cet atelier technique s’inscrit dans la phase 2 de l’étude qui consiste à élaborer une analyse prospective de l’état du massif montagneux. Une fois cette phase terminée et adopté, suivra la phase 3 qui fera objet d’élaboration d’un avant-projet de qualification et de classement de zones montagneuses. Quant à la phase 1, celle-ci a eu pour objet l’élaboration du rapport méthodologique.
Rappelons que cette étude relative à la délimitation et à la caractérisation des zones de montagnes et du massif montagneux du Djurdjura, a été lancée en novembre 2007 par le ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et du Tourisme en partenariat avec le Centre National des Etudes et D’analyses pour la Population et le Développement.
Cellule de communication :B. Nadjet