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50 ème anniversaire des manifestations du 17 octobre 1961
La Kabylie honore les sacrifices des Algériens de France
La ville de Tizi-Ouzou a abrité, lundi 16 octobre, les festivités commémoratives de la répression des manifestations du 17 octobre 1961 en présence de trois ministres M. Cherif Abbes (Moudjahidines), Daho Ould Kablia (Intérieur) et Moussa Benhamadi (Poste) et de M.Said Abadou, le sécrétaire général de l’Organisation nationale des Moudjahiddines (ONM). le président de l’Assemblée populaire de wilaya (APW), Mahfoud Belabbas, Le wali de Tizi Ouzou, Abdelkader Boughazi, des élus locaux et plusieurs moudjahidines ont pris part à la célébration de ce jalon du combat par la libération du pays du joug colonial.
La première destination de cette importante délégation à été le cimetière des chouhadas de M’douha où les couleurs nationales ont été levées et des gerbes de fleurs ont été déposée à la mémoire des martyrs. Cap est ensuite pris vers le musée du Moudjahid où se tenait une exposition avant de rejoindre le boulevard Abane Ramdane pour inaugurer les squares du «17 octobre 1961» et du «01 novembre 1954». Dernière station de ce périple la maison de la culture ‘’ Mouloud Mammeri’’ où M.Cherif Abbes a prononcé une allocution pour rendre hommage aux martyrs de la Kabylie qualifiée de «Sanctuaire de la lutte contre le colonialisme» et dénoncer la sauvagerie de la répression de la manifestation du 17 octobre 1961 par la police du sinistre Maurice Papon. «Ces événements ont constitué un tournant décisif dans le cheminement de la Révolution, en ce sens qu’ils ont contribué grandement à l’amplification de la cause nationale sur la scène internationale, mais aussi au changement de la position de la France coloniale au sujet de l’indépendance de l’Algérie, en passant, après cette date, à une étape qualitative dans les négociations pour l’indépendance», a-t-il souligné.
De son coté, Saïd Abadou a renouvelé l’exigence d’une repentance de la part de la France officielle pour les crimes commis en Algérie. «L’Algérie attend toujours les excuses de l’Etat français, pour pouvoir tourner la page et envisager des perspectives d’une coopération bénéfique pour les peuples des deux pays" a-t-il assuré. Un objectif qui, à ses yeux, est «contrarié, pour l’instant, par l’attitude négationniste de la France officielle».
Pour sa part, le Wali de Tizi-Ouzou a tenu à remercier le ministre des moudjahidines pour son choix de la capitale du Djurdjura pour abriter les festivités officielles des événements du 17 octobre 1961 non sans souligner les sacrifices consentis par les enfants de la Kabylie pour la libération de l’Algérie. Et M.Boughazi ne manquera pas de citer les noms des grandes figures de la révolution algériennes originaires de cette region (Krim Belkacem, Abane Ramdane, Amirouche et Mohand Oulhadj) non sans rappeler que la proclamation du 01 novembre 1954 a été imprimée au village Ighil Imoula. Mais le clou de cette cérémonie a été incontestablement l’intervention du P/APW Mahfoud Belabbas qui a vivement dénoncé la falsification et l’instrumentalisation de l’histoire. «En ce cinquantième anniversaire de cette douloureuse journée, il est surprenant de constater que les thuriféraires d’hier qui ont honteusement confisqué l’histoire nationale à des fins d’instrumentalisation et de légitimation de pouvoir, reviennent encore, et ce ne sont pas des moindres : qui pour réhabiliter Messali, comme héros du combat libérateur qui pour dire exactement le contraire et l’accuser de traitre à la patrie», s’est-il élevé avant d’ajouter «Les luttes de clans continuent de polluer le débat public sans rien apporter à la vérité historique. Pour notre part, génération post indépendance, l’éthique et la mémoire sont des fondements élémentaires de la conscience nationale que nul groupe ou personne n’a le droit de manipuler». «Cette date mémorable, comme un certain nombre de figures et de faits historiques, seraient jetés aux oubliettes sans la détermination et l’honnêteté des authentiques acteurs du combat libérateur – notre pensée va particulièrement au défunt Mohamed BOUDIAF, dit Si Tayeb El watani -. Pour mémoire, il a fallu attendre le début des années 1990 pour réhabiliter la vérité historique et dont le 17 octobre que nous commémorons aujourd’hui représente un jalon important dans la longue lutte du peuple algérien contre le colonialisme et toutes formes d’injustices», a-t-il encore précisé. Auparavant, M.Belabbas a rendu un vibrant hommage aux enfants de la région qui se sont sacrifiés pour une Algérie libre et independante. Il a cité pêle-mêle Fadhma Fadhma N’soumer, Abane Ramdane, Amirouche, etc. En prononçant le nom de Matoub Lounes, le P/APW a été fortement applaudi par l’assistance.
A la fin de cette belle cérémonie, des médailles ont été remises à des moudjahidines en reconnaissance de leur combat durant la guerre de révolution pour la libération nationale.
Sadia Chaib









